Là où se trouve ton trésor (par William Nonge)

«Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil? Ou comment peux-tu dire à ton frère: Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. » Matthieu 7: 3-5

La surveillance de voisinage et la culture du blâme?

Nombreux sont ceux qui passent une bonne partie de leur vie à s’interroger sur ce que font leurs voisins, mais ne portent aucune attention sur leurs propres vies. Ils sont très occupés à observer, critiquer, surveiller et même à contrôler la vie des autres, mais ont difficile à voir ou reconnaître leurs propres erreurs.

Ce comportement est tellement médiatisé actuellement qu’il est devenu l’opium ou l’obsession pour certains à lire sans relâche des magazines potins ou à regarder des programmes de télé liés à la vie des célébrités. La culture voire même le culte des célébrités est si religieusement observé que certaines figures de marque sont adorées comme des idoles. Du fait que ces soi-disant célébrités sont tout simplement des êtres humains fragiles et mortels, leur vie privée n’est plus privée et donc exposée au public pour la critique, le blâme et la moquerie. Ironie du sort, pendant que ces personnalités célèbres continuent à exceller avec succès dans leurs domaines, leurs “observateurs” par contre passent oisivement du temps à les critiquer dans leurs moindres et vains détails.

La culture du blâme est tellement ancrée dans notre société que certaines personnes, à travers les soi-disant «reality TV shows », exposent leurs affaires familiales dans le domaine public.
Derrière les rideaux charmants de la vie des célébrités et hors de leurs spots, nous sommes entourés – dans nos milieux familiaux et amicaux- de deux catégories de personnes que j’appelle des «conseillers de répliques» et «prophètes superflus ».

Les conseillers de répliques sont ceux qui viennent vous conseiller de ce que vous devriez faire, pouviez faire ou que auriez fait, après que vous ayez déjà passé à une épreuve qui vous a conduit soit à une chute ou à une douleur. Au lieu de compatir avec vous, ils préfèrent vous blesser avec tel ou tel avis négatif. Une chose que ces conseillers inopportuns ne savent pas est que la personne qui a vécu une certaine expérience est mieux placée à réfléchir sur la situation et y tirer de leçon constructive. James Allen éloquemment fait remarquer: « En tant qu’un être progressif et évolutif, l’homme est là où il se trouve pour apprendre et se développer; et comme il apprend la leçon spirituelle que contient toute circonstance, celle-ci s’en va et donne lieu à d’autres circonstances. »
Cette catégorie de personnes cause plus de tort que de bien à ceux qui traversent de dure expérience de la vie.

Les prophètes superflus sont des gens qui ayant aperçu ce qui devrait vous arriver, mais qui ont consciemment ou inconsciemment gardé le silence jusqu’à ce que vous ayez subi votre sort. Plutôt que de garder silence pour de bon ou plutôt que de se sentir coupable de ne vous avoir pas averti aussi tôt pour éviter l’incident, ils se vantent de ce qu’ils sont perspicaces. Même sans vergogne disant que Dieu leur avait vraisemblablement montré dans un rêve de ce qui vous est arrivé.

Loin de perdre notre temps à regarder et à critiquer d’autres personnes, Jésus dans le contexte des versets ci-dessus, nous enseigne où notre priorité devrait être axée. Notons que nous avons à l’origine hérité de cette culture du blâme d’Adam qui, au lieu d’assumer l’entière responsabilité d’avoir mangé du fruit défendu, a déclaré: « La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé » Genèse 3:12. Jésus, le second Adam, est venu rétablir l’ordre initial en recentrant principalement notre attention sur notre développement personnel. Plutôt que de chercher à changer le comportement des autres, nous devons mettre toute notre énergie à nous transformer nous-mêmes.

Priorité Indispensable

L’accent est que chacun devrait faire de son développement personnel une priorité dans sa vie plutôt que d’essayer de développer d’autres personnes. Une fois auto-transformé, on peut alors et seulement aider les autres à se développer aussi. A voir de près, le développement de-soi même en vue de devenir ce que Dieu nous a destiné à l’origine nous prend tout le temps de notre vie qu’on soit incapable de s’occuper des autres. En fait, nous devrions comme l’on dit communément « nous occuper de nos propres affaires ».

Le moment où l’homme se mettra à travailler sur lui-même et non à critiquer d’autres personnes, c’est ce moment que l’ordre correct – que Dieu a destiné à l’origine – sera restauré dans le monde. L’homme a beaucoup à faire pour lui-même qu’il n’ait pas de temps à perdre critiquer les autres. Le moment que l’homme découvrira la grande richesse « du coffre d’or » qu’il possède en lui-même, il vendra tout de suite tout ce qu’il possède et consacrera toute sa vie à creuser et extraire de sa propre cour le trésor caché que Dieu avait enterré pour lui afin de le livrer à l’humanité entière. Une fois que l’homme parvient à l’autoréalisation des richesses cachées qu’il possède, il devra de tout cœur investir dans lui-même et ensuite servir son riche trésor à l’humanité. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.

L’homme n’a jamais été désigné par Dieu pour juger les autres, mais pour se cultiver lui-même en premier lieu, de sorte qu’une fois transformé, il puisse influencer les autres par la manifestation de son caractère. Ceux qui se sont bâti un caractère peuvent influencer les autres, même sans dire un seul mot de critique, de blâme ou de jugement. Nancy Kline écrit: « Je pense que notre premier devoir de l’un à l’autre en tant qu’êtres humains est de nous entraider remplir notre nature. Et sûrement la partie la plus typiquement humaine de la nature humaine est de penser pour nous-mêmes. Nos esprits ont été conçus avec plus de précision à couper le souffle pour faire exactement cela. » Il est manifestement claire que l’homme a donc violé l’ordre originellement établi par Dieu qui était pour l’homme de penser sur sa propre vie en vue de son développement personnel pour le bonheur de tous.

La manifestation évidente du caractère de l’homme conduirait inévitablement d’autres personnes à leur propre transformation. L’homme a en fait une capacité innée d’auto-transformation. C’est pourquoi l’homme naturellement n’aime pas être critiqué ou jugé par les autres. Il peut par contre s’améliorer grâce à l’influence des caractères d’autres personnes. La vraie libération d’un homme ne provient ni de toute forme de critique, de blâme, ou jugement, ni de mouvements insurrectionnels ou de révolte, mais l’homme est libéré par la vérité. La vérité qu’il découvre de l’intérieur de soi. C’est cette vérité qui renouvèle constamment son intelligence afin qu’il se transforme de l’intérieur.
James Allen souligne: «Un homme ne commence à être un homme que quand il cesse de se lamenter et d’insulter, qu’il commence à rechercher la justice cachée qui régit sa vie. Et dès qu’il adapte son intelligence à ce facteur de régulation, il cesse d’accuser les autres comme la cause de son état, et s’accumule en lui-même des pensées fortes et nobles; cesse de regimber contre les circonstances, mais commence à les utiliser comme aides à son progrès plus rapide, et comme un moyen de découvrir les pouvoirs cachés et les possibilités en son sein. »

« L’Éternel Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder. » Genèse 2:15
Nous avons tous le mandat divin de travailler et de prendre soin de quelque chose. En hébreu le verbe “travailler” signifie aussi cultiver ou servir. Notons ici que le verbe cultiver n’est pas un concept exclusivement liée à l’agriculture. Cultiver veut aussi dire former, domestiquer, naturaliser, apprivoiser, éduquer, civiliser, scolariser. L’on ne peut servir que ce qu’on a travaillé dessus. En d’autres termes, vous devez travailler sur quelque chose en premier lieu et le servir plus tard comme produit fini aux gens. Par exemple, vous devez cuire les aliments avant de les servir comme un repas à d’autres.

Adam a reçu le mandat de travailler sur quelque chose avant qu’il ne puisse le servir au monde. Il y a ici deux domaines où l’homme doit se concentrer à travailler dessus: l’environnement interne et externe. Le contexte biblique de la «terre» représente à la fois l’environnement extérieur qui nous entoure et l’environnement intérieur et caché contenu en nous. Et l’homme ne peut pas œuvrer sans avoir certaines aptitudes, compétences et capacités lui permettant d’effectuer des tâches spécifiques. L’homme doit en premier lieu travailler sur lui-même. L’homme doit se former, s’éduquer et se cultiver premièrement en vue de développer ses compétences. Dès que ses compétences sont développées, l’homme pourra grâce à ses dons transformer et influencer l’environnement extérieur. C’est en travaillant sur son domaine spécifique des dons que l’homme servira ensuite ses fruits à l’humanité. Avant que l’homme travaille sur quelque chose, il doit se découvrir et identifier quel type de dons, talents ou capacités il possède. L’homme doit travailler tout d’abord, sur lui-même avant qu’il cultive l’environnement qui lui a été donné en charge. Il s’agit pour l’homme de redécouvrir son identité, son but sur la terre et ses potentialités ; l’homme doit ensuite affiner ses dons et ses compétences et il s’agit enfin pour l’homme de se former et de s’éduquer en vue de développer un tel état d’esprit qui lui permettra de prospérer dans le cadre de son don. C’est un processus de longue haleine qui nécessite une attention pleine et constante sur soi-même. Cela nécessite un leadership fort sur l’auto-éducation.

L’ère de l’auto-éducation?

« Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, Après ces jours-là, dit l’Éternel: Je mettrai ma loi au dedans d’eux, Je l’écrirai dans leur cœur; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peuple. Celui-ci n’enseignera plus son prochain, Ni celui-là son frère, en disant: Connaissez l’Éternel! Car tous me connaîtront, Depuis le plus petit jusqu’au plus grand, dit l’Éternel; Car je pardonnerai leur iniquité, Et je ne me souviendrai plus de leur péché. » Jérémie 31:33-34

Éduquer est synonyme de civiliser, cultiver, scolariser, former, préparer, développer, modifier et améliorer. Le verbe «éduquer» provient de deux mots latins: “ex” qui signifie hors et “ducere” qui veut dire diriger et conduire. Il s’agit ici d’une transformation dynamique qui exige de l’homme de passer de la condition ou de la situation d’où il se trouve vers sa destination prévue. Ceci implique aussi une action dynamique de conduire quelque chose hors de soi.

Dieu a caché dans l’homme son propre destin qui exige de l’homme qu’il s’instruise afin de manifester ce trésor caché pour le bénéfice de tous. Ce que l’homme est destiné à devenir dans le futur est enfermé en lui-même. Le destin de l’homme n’est jamais devant lui, mais en lui. En d’autres termes, ce que l’homme est censé devenir, sa version parfaite et finale est placée en fait en lui-même sous forme d’une semence qui doit être cultivée. Ceci constitue le trésor que l’homme seul doit découvrir en lui-même et le livrer à l’humanité. Il faut qu’il y ait la conscience de soi, l’auto-développement, l’auto-éducation, l’auto-transformation de la personne qu’un homme est censé devenir. Le produit fini et parfait de l’homme qui est à l’image de Dieu est caché en lui-même. Ceci exige de l’homme lui-même de mener à bien ce travail d’auto-éducation.

Dieu avait déjà construit dans chaque individu la capacité de se découvrir et donc découvrir Dieu. La nature elle-même, ne nous enseigne-t-elle pas qu’avec l’avancement de la technologie, nous tendons vers une société de libre-service? Prenons l’exemple de caisses libre-service dans des grandes surfaces ou supermarchés. C’est un système de passage en caisse très rapide pour satisfaire les clients qui sont à la hâte et ne veulent pas rester debout pour une longue file d’attente. Quand en réalité il s’agit d’utiliser ce genre de caisse, pensez-vous que ces clients y compris moi l’utiliseraient avec la même vitesse que d’un personnel de caisse formé? Je ne pense pas du tout. Mais le point que je voudrais faire, c’est que les gens aiment eux-mêmes faire le self-checking. Ils ont adopté ce système comme un moyen responsable d’effectuer des achats personnels. Les gens veulent faire des choses pour eux-mêmes, par eux-mêmes et à leur propre rythme. Ceci suggère que lorsqu’on veut savoir quelque chose sur soi-même et d’y travailler dessus, on ne luttera pas à trouver la réponse aussi longtemps qu’on le fait soi-même. De cette manière l’on apprend plus rapidement et plus facilement.

En vue de croître rapidement, l’homme doit fournir l’effort personnel. Nous ne nions pas l’importance d’apprendre des autres à travers des livres, des séminaires, des cours et autres milieux éducatifs. Au contraire tous ces outils contribuent à l’édification des individus pour leur propre développement personnel. Ces moyens ci-haut cités enflamment ce que Dieu avait déjà placé en nous et nous inspirent à éclairer les autres. Après que Miriam et moi aient offert des tablettes comme cadeaux de Noël à nos deux enfants de 8 et 7 ans, j’envisageai installer les applications de la Bible dans leurs dispositifs. Quand je demandai à ma fille de sept ans Elsa, de m’apporter sa tablette, je fus surpris qu’elle ait déjà réussi à télécharger cette application d’elle-même. Inutile pour moi de demander à son grand frère Michael. Ils sont même parvenu à régler des alarmes sur leurs appareils pour les réveiller chaque matin pour l’école, avec l’avantage qu’ils ne se plaignent plus ni de fatigue ou ni de malaise comme auparavant. Quel avantage pour nous parents de prolonger quelques minutes de sommeil! Ils le font à présent de manière responsable, spontanée et joyeuse. Cet exemple me fait croire que nous sommes déjà entrés dans l’âge de l’auto-éducation. C’est à nos portes. Admettons-le et adoptons-le de manière responsable.

Le temps est venu pour nous de cesser d’essayer «d’enseigner» aux autres quoi faire alors que nous avons tant de choses à apprendre de nous-mêmes. Parce que tout ce dont nous avons besoin pour la vie et pour la piété est bel et bien caché en nous. Concentrons notre attention à trouver le trésor caché dans nos cœurs afin de l’affiner et de le livrer à d’autres pour l’amélioration de l’humanité. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.

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